Les 18/XXIèmes est un jeu qui se présente sous la forme d'une galerie de peinture. Les tableaux réunissent ces 2 siècles, en apparence éloignés, pour montrer au contraire leur proximité. Certains grands thèmes de notre époque sont l'héritage du siècle des Lumières. 

Le 18e est représenté par une image d'époque montrant un aspect important du siècle. Le XXIe est illustré par la photo d'un Yverdonnois contemporain en lien avec le sujet .

 

Marc Atallah, directeur de la Maison d'Ailleurs et superman des temps modernes, s'envole avec Victorin, héros de "La Découverte australe par un Homme-volant ou Le Dédale français, nouvelle très philosophique", éditée en 1781. Ce roman de Restif de la Bretonne, à la fois utopie sociale et politique, réunit fantastique, science-fiction et voyage de découverte. Le 18e a vu proliférer les romans basés sur ces thèmes.

Copyright : Maison d'Ailleurs

A.L. Ducros Vue du Temple de Jupiter Stater à Rome 1781 LM-68538.1. Musée national suisse de Prangins.

François Menna, archéologue et président du Musée d'Yverdon er région,  soutient les colonnes du Temple des Dioscures à Rome. Les premières véritables fouilles archéologiques commencent en 1738 à Herculanum et en 1748 à Pompéi. L'archéologie se transforme dès lors en science

Le XVIIIe n’a pas inventé l’archéologie, il en a fait une science. En effet, si depuis longtemps nobles et savants collectionnaient dans leurs cabinets de curiosités les vestiges insolites d’un passé mythique, l’homme des Lumières impose sa vision d’un monde nouveau : organisé, méthodique, encyclopédique. Dès 1738, la découverte d’Herculanum puis de Pompéi déclenchent un nouvel engouement pour l’Antiquité qui demande à ouvrir davantage de fouilles pour approfondir les connaissances des civilisations anciennes.
Le Comte de Ceylus, premier archéologue, publie en 1759 un recueil d’antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines, qui jette les bases de la définition stylistique des œuvres exhumées. Winckelmann, par son étude systématique de l’art grec, sublime l’archéologie en l’érigeant en un idéal de beauté. Ainsi, si l’amour de l’Antiquité a engendré l’archéologie, celle-ci stimule l’avènement d’une esthétique débouchant sur un classicisme dans les beaux-arts, l’ameublement, l’habillement et, avec la Révolution et le Consulat, les valeurs politiques.
Suivront en 1799, lors de la campagne de Napoléon en Egypte, la découverte de la pierre
de Rosette, qui permettra plus tard de décrypter la langue égyptienne. En Sibérie, on exhume les premiers ossements de mammouth.
En 1782, l’eau-forte de l’Yverdonnois A.L. Ducros illustre la perception de l’archéologie par les contemporains. Des étrangers élégamment vêtus, dont un au premier plan appuyé sur une badine, se promènent en admirant les ruines du Temple des Dioscures à Rome. Pour eux, il s’agit d’imaginer la noblesse du passé, la grandeur d’une civilisation. Des vachers et des bergers marchandent leurs bêtes couchées paisiblement, ne voyant dans les monuments qu’une source d’ombre et la possibilité de se soulager contre leurs murs. Les pierres antiques jonchent le sol et la végétation pousse telle une huppe orgueilleuse sur les frises en ruine. Ce terrain représente donc pour les uns le Forum d’une cité éternelle, pour les autres un simple « Campo Vaccino », le champ des vaches.
C’était encore le bon temps des sites non surveillés, sans ticket d’entrée, sans marchands de souvenirs ni de boissons, d’où l’on pouvait repartir avec un sphinx sous le bras…
 

Pierre Duvoisin, ancien syndic d'Yverdon,  créateur des Thermes, chante sous la douche devant la gravure "Manière de donner la Douje au Malade sorti du Bain   

Pierre-André Kesselring, dit Kéké,   animateur de la vie culturelle locale, anarchiste et pamphleteur résident dans la Commune libre de Gressyland, proteste devant un feuillet de La grande colère du Père Duchesne  édité par le journaliste et révolutionnaire Hebert 

Gérard Roy, propriétaire de La Ferme,  magasin alimentaire promouvant les produits saisonniers et locaux, pose devant la gouache "Né pour la peine" . L'écologie prend ses racines dans les écrits de Jean-Jacques Rousseau